La demande de logement social se dépose en ligne ou à un guichet enregistreur, et donne un numéro unique national à dix-huit caractères. Elle ne coûte rien, mais elle se renouvelle chaque année entre le dixième et le douzième mois, sous peine de radiation automatique. Les plafonds de ressources 2026 se lisent sur le revenu fiscal de référence de 2024, et dans les Bouches-du-Rhône, le délai au-delà duquel l’attente devient légalement anormale est fixé à trente mois.
À Marseille, la demande de logement social est une démarche gratuite, rapide à déposer, et dont presque tout le monde sous-estime la mécanique. Le dossier ne se dépose pas auprès d’un bailleur en particulier : il entre dans un fichier départemental, et c’est ce fichier que consultent ensuite tous les organismes.
Ce qui se joue vraiment n’est donc pas le dépôt — il prend vingt minutes — mais l’entretien de la demande : la mise à jour de la situation, le renouvellement dans les temps, et la connaissance du moment où la loi vous donne un levier supplémentaire.
Êtes-vous sous les plafonds ?
La condition d’accès est double : résider en France de façon régulière, et ne pas dépasser un plafond de ressources qui dépend de la composition du foyer et du type de logement visé. En 2026, ce plafond se compare au revenu fiscal de référence de 2024, celui qui figure sur l’avis d’imposition reçu en 2025.
Barème applicable en France métropolitaine hors Île-de-France, fixé par l’arrêté du 19 décembre 2025.
Sous le plafond du logement social classique, qui représente plus de huit logements sur dix.
Si vos revenus ont baissé d’au moins 10 % depuis 2024, vous pouvez demander la prise en compte de ceux de l’année en cours ou des douze derniers mois, justificatifs à l’appui.
Le revenu retenu est celui de l’ensemble des personnes qui occuperont le logement : pour un couple, on additionne les deux revenus fiscaux de référence. Une erreur fréquente consiste à ne déclarer que le sien, ce qui fait rejeter le dossier à l’instruction plutôt qu’au dépôt — donc plusieurs mois plus tard.
PLAI, PLUS, PLS : trois portes d’entrée
Derrière l’expression « logement social » se cachent trois financements distincts, avec trois plafonds et trois niveaux de loyer. Ils cohabitent souvent dans le même immeuble.

| Personnes à loger | PLAI | PLUS | PLS |
|---|---|---|---|
| 1 | 12 870 € | 23 403 € | 30 424 € |
| 2 | 18 753 € | 31 254 € | 40 630 € |
| 3 | 22 551 € | 37 584 € | 48 859 € |
| 4 | 25 092 € | 45 374 € | 58 986 € |
| 5 | 29 359 € | 53 376 € | 69 389 € |
| 6 | 33 086 € | 60 156 € | 78 203 € |
| Par personne en plus | + 3 689 € | + 6 710 € | + 8 723 € |
Le PLAI vise les ménages les plus modestes et propose les loyers les plus bas. Le PLUS est le logement social classique : c’est lui qui représente l’essentiel du parc. Le PLS finance des logements aux loyers intermédiaires, dans les zones où le marché privé est le plus tendu — donc, à Marseille, surtout dans les secteurs centraux et littoraux.
Ces plafonds sont revalorisés chaque année. Ceux de 2026 ont été fixés par l’arrêté du 19 décembre 2025, publié au Journal officiel le 24 décembre.
Déposer la demande et obtenir son numéro unique
Deux voies, un même fichier. En ligne sur le portail national de la demande de logement social, ou au guichet d’un organisme enregistreur : bailleur social, service de la collectivité, ou certains employeurs collecteurs.
Le dépôt donne lieu à une attestation d’enregistrement qui porte le numéro unique national, composé de dix-huit caractères, ainsi que la date de la demande et celle de son dernier renouvellement. C’est ce numéro qu’on vous demandera partout ensuite : notez-le ailleurs que dans le mail de confirmation.

La demande peut être déposée sans avoir réuni l’ensemble des justificatifs : ce sont les pièces d’identité ou titres de séjour des personnes à loger qui conditionnent l’enregistrement. Les justificatifs de ressources, l’avis d’imposition et les documents de situation sont réclamés plus tard, au moment de l’instruction par le bailleur.
Un conseil de méthode : déposez tôt, même si le besoin n’est pas immédiat. L’ancienneté de la demande compte dans l’examen, et une demande déposée puis entretenue vaut toujours mieux qu’une demande déposée dans l’urgence.
Le renouvellement annuel, l’erreur la plus coûteuse
Tant qu’aucun logement n’a été attribué, la demande doit être renouvelée chaque année, dans une fenêtre précise : entre le dixième et le douzième mois suivant la date de création de la demande ou de son dernier renouvellement.
Passé ce délai, la demande est radiée automatiquement. Pas de relance, pas de rattrapage : il faut redéposer, et l’ancienneté repart de zéro. C’est, de loin, la première cause de dossiers perdus après plusieurs années d’attente.
Tout changement de situation doit être signalé et justifié : adresse, situation familiale, personnes à charge, état de santé, ressources. Ce n’est pas une formalité — c’est souvent ce qui fait passer un dossier d’ordinaire à prioritaire. Une naissance, une séparation ou la perte d’un emploi changent à la fois le plafond applicable et le rang d’examen. Un changement d’adresse, lui, se répercute aussi sur la vignette de stationnement résident et sur l’école de secteur des enfants. Sur le papier c’est une simple mise à jour ; en pratique, c’est le levier le plus accessible.
Trente mois : ce que dit le droit au logement opposable
Le département fixe par arrêté préfectoral le délai au-delà duquel l’attente est considérée comme anormalement longue. Dans les Bouches-du-Rhône, il est de trente mois. Une fois ce seuil franchi sans proposition adaptée, le demandeur peut saisir la commission de médiation au titre du droit au logement opposable.
Ce recours n’est pas réservé à l’attente longue. Il s’ouvre aussi, sans condition de délai, à plusieurs situations : personne dépourvue de logement, menacée d’expulsion sans relogement, hébergée temporairement, logée dans des locaux impropres à l’habitation, ou dans un logement suroccupé ou insalubre lorsque le foyer comprend un enfant mineur ou une personne handicapée.
- Le recours se dépose auprès du secrétariat de la commission de médiation du département, à l’aide du formulaire national prévu à cet effet.
- La commission statue et peut reconnaître le demandeur comme prioritaire et devant être relogé en urgence.
- Le préfet mobilise alors son contingent, qui représente un quart du parc locatif social, réservé en priorité aux ménages reconnus au titre de ce droit.
La reconnaissance ne produit pas un logement instantané : elle change le rang, pas la disponibilité. Mais c’est le seul dispositif qui crée une obligation à la charge de l’État, et à Marseille il constitue souvent l’issue réaliste d’un dossier enlisé.
La proposition, et ce qu’un refus coûte vraiment
Quand un logement se libère, le bailleur ne choisit pas seul : plusieurs dossiers sont présentés pour le même logement devant une commission d’attribution, qui les classe. Être désigné ne veut donc pas dire être retenu, et une désignation qui n’aboutit pas ne fait pas perdre l’ancienneté.
Vient ensuite la proposition, avec une visite et un délai de réponse court. C’est là que se joue une distinction que peu de demandeurs connaissent.
- Pour une demande ordinaire, refuser une proposition ne radie pas le dossier. La demande reste active, l’ancienneté est conservée, et d’autres propositions peuvent suivre. Un refus motivé — logement trop petit, trop éloigné du travail, inadapté à un handicap — n’a rien d’anormal.
- Pour un ménage reconnu prioritaire au titre du droit au logement opposable, l’équation change : refuser une offre jugée adaptée fait perdre le bénéfice de cette reconnaissance. Le dossier redevient une demande ordinaire, avec le rang qui va avec.
D’où un réflexe utile : avant de refuser, demander par écrit pourquoi le logement est considéré comme adapté à votre situation, et faire figurer vos contraintes dans la demande elle-même. Un critère écrit dans le dossier pèse ; un critère exprimé oralement à la visite ne laisse aucune trace.
Où se faire aider à Marseille
Deux structures reçoivent gratuitement et méritent le déplacement quand le dossier coince.
La Maison métropolitaine de l’habitat, portée par la métropole Aix-Marseille-Provence, oriente sur l’ensemble des questions de logement et d’habitat : demande de logement social, aides, travaux, relations avec les bailleurs. C’est le point d’entrée généraliste.
L’agence départementale d’information sur le logement des Bouches-du-Rhône, au 15 avenue Robert Schuman dans le 2e arrondissement, apporte un conseil juridique neutre et gratuit, y compris sur le droit au logement opposable et sur les litiges locatifs. Elle est joignable au 04 96 11 12 00.
Pour les démarches d’état civil et de proximité qui accompagnent souvent un déménagement — justificatif de domicile, inscription scolaire des enfants —, c’est le guichet du secteur qui prend le relais : notre guide des huit mairies de secteur indique laquelle vous concerne, et l’article sur l’inscription scolaire à Marseille détaille ce qui change en cas de changement d’adresse.
Comment faire une demande de logement social à Marseille ?
En ligne sur le portail national de la demande de logement social, ou au guichet d’un organisme enregistreur. Le dépôt est gratuit et donne une attestation portant le numéro unique national à dix-huit caractères, qui identifie la demande dans tout le département.
Quels sont les plafonds de ressources en 2026 ?
Hors Île-de-France, 23 403 € pour une personne seule et 31 254 € pour deux personnes en PLUS, le logement social classique. Les plafonds PLAI sont nettement plus bas, les plafonds PLS supérieurs de 30 %. Le revenu comparé est le revenu fiscal de référence de 2024.
Faut-il renouveler sa demande chaque année ?
Oui, entre le dixième et le douzième mois suivant la création de la demande ou son dernier renouvellement. Une demande non renouvelée dans cette fenêtre est radiée automatiquement, et l’ancienneté acquise est perdue.
Au bout de combien de temps peut-on saisir la commission DALO ?
Dans les Bouches-du-Rhône, au-delà de trente mois d’attente sans proposition adaptée, délai fixé par arrêté préfectoral. D’autres situations ouvrent ce recours sans condition de délai, notamment l’absence de logement, la menace d’expulsion sans relogement ou l’habitat indigne.
Que se passe-t-il si mes revenus baissent ?
Si vos ressources ont diminué d’au moins 10 % par rapport à l’année de référence, vous pouvez demander la prise en compte de vos revenus de l’année en cours ou des douze derniers mois, sur justificatifs. Le changement doit aussi être signalé dans la demande.
Peut-on déposer une demande sans tous les justificatifs ?
Oui. L’enregistrement repose sur les pièces d’identité ou titres de séjour des personnes à loger. Les justificatifs de ressources et de situation sont demandés ensuite, au moment de l’instruction par le bailleur.
Ce qu’il faut retenir
Déposez tôt, notez le numéro unique ailleurs que dans votre boîte mail, et bloquez dès maintenant un rappel dix mois plus tard : c’est le renouvellement qui fait tomber les dossiers, pas le dépôt. Signalez chaque changement de situation, parce que c’est lui qui déplace le rang d’examen.
Dans l’intervalle, si vous vous rabattez sur le parc privé dans un quartier ancien, réclamez l’autorisation prévue par le permis de louer : elle doit être jointe au bail. Et si l’attente dépasse trente mois sans proposition adaptée, ne restez pas dans le silence : le recours devant la commission de médiation existe précisément pour cette situation, et il se dépose avec un formulaire, pas avec un avocat.
Service-public.gouv.fr — Faire une demande de logement social (HLM), consulté le 14 septembre 2026.
