À Marseille, trois quartiers sont soumis au permis de louer : Noailles, Belle de Mai, et le secteur Hoche-Versailles-Pelletan. Dans ce périmètre, aucun bail d’habitation principale ne peut être signé sans autorisation préalable de la métropole. La demande se dépose en ligne, l’instruction dure un mois, et le silence vaut accord. Louer sans l’avoir demandée expose à une amende pouvant atteindre 5 000 €, portée à 15 000 € en cas de récidive ou de location malgré un refus.
Le permis de louer est né de l’habitat indigne, et à Marseille il a une date : octobre 2019, quelques mois après l’effondrement de la rue d’Aubagne. Le dispositif ne couvre pas toute la ville — il vise des périmètres où la part de logements dégradés justifie un contrôle avant chaque mise en location.
Pour un propriétaire bailleur, la conséquence est simple : dans ces rues, l’ordre des opérations change. On ne signe plus le bail puis on régularise ; on demande l’autorisation, on l’obtient, et alors seulement on signe.
Votre logement est-il concerné ?
Deux questions suffisent : l’adresse, et la nature de l’opération. Un renouvellement de bail avec le locataire en place ne déclenche rien ; un changement de locataire, si.
Périmètres et règles relevés sur le site de la métropole Aix-Marseille-Provence le 14 septembre 2026.
À obtenir avant la signature du bail. Comptez un mois d’instruction.
Les périmètres sont définis rue par rue : en limite de quartier, vérifiez l’adresse exacte auprès de la métropole plutôt que de vous fier au nom du quartier.
Attention à une confusion fréquente : le permis de louer ne remplace ni le diagnostic de performance énergétique, ni les obligations de décence, ni l’encadrement des loyers là où il existe. Il s’y ajoute.
Où s’applique le permis de louer
La compétence appartient à la métropole Aix-Marseille-Provence, qui a instauré le régime d’autorisation préalable sur des périmètres ciblés, dans plusieurs communes. À Marseille, trois secteurs sont concernés.

| Territoire | Périmètre |
|---|---|
| Marseille | Noailles, Belle de Mai, Hoche-Versailles-Pelletan |
| Aix-en-Provence | Secteur de la résidence Les Facultés |
| Autres communes | Aubagne, Auriol, Gardanne, Istres, La Ciotat, Marignane, Martigues, Pertuis, Port-de-Bouc, Septèmes-les-Vallons |
Ces périmètres se définissent rue par rue, parfois côté pair ou côté impair. Le nom du quartier ne suffit donc pas à trancher : une adresse à cent mètres de la limite peut être dedans ou dehors. En cas de doute, la vérification auprès du service métropolitain coûte un courriel et évite une amende.
Le dispositif y a été instauré en octobre 2019, dans le premier arrondissement, sur le secteur compris entre la Canebière, la rue Saint-Ferréol, la rue Jean-Baptiste Estelle et le boulevard Garibaldi. Le principe est celui d’un contrôle en amont : plutôt que de constater l’indignité une fois le locataire installé, on vérifie le logement avant que le bail ne soit signé. Les périmètres ont été étendus depuis.
Le dossier et son dépôt
La demande se fait au moyen du formulaire national prévu à cet effet — le Cerfa 15652 — accompagné du dossier de diagnostic technique du logement : performance énergétique, état des installations de gaz et d’électricité, constat de risque d’exposition au plomb, état d’amiante et état des risques selon la nature du bien.
Le dépôt se fait en ligne, sur le formulaire mis à disposition par la métropole. Une exception locale : à Aubagne, le dossier se dépose physiquement auprès de l’organisme d’aménagement de la commune.

Une pièce compte plus que les autres : le récépissé de dépôt. C’est lui qui date la demande, atteste que le dossier était complet, et déclenche le décompte du délai d’instruction. Sans récépissé, l’autorisation tacite devient difficile à prouver le jour où elle est contestée. Conservez-le avec le bail.
Un mois d’instruction, et la valeur du silence
À compter du dépôt d’un dossier complet, l’administration dispose d’un mois pour se prononcer. Trois issues possibles.
- L’autorisation est accordée. Elle doit être jointe au contrat de bail : le locataire en reçoit copie au moment de la signature.
- L’administration garde le silence. Au-delà d’un mois, ce silence vaut autorisation préalable de mise en location. C’est la règle posée par le code de la construction et de l’habitation.
- L’autorisation est refusée ou assortie de prescriptions. Le refus est motivé par l’état du logement : des travaux sont exigés, et la location est bloquée tant qu’ils ne sont pas réalisés. Une nouvelle demande s’impose ensuite.
Ce calendrier a une conséquence pratique que beaucoup de bailleurs découvrent tard : entre le départ d’un locataire et l’entrée du suivant, il faut prévoir un mois de battement. Sur le papier c’est un délai administratif ; en pratique, c’est un mois de loyer.
Combien de temps vaut l’autorisation
L’autorisation est attachée à une mise en location, pas au logement à perpétuité. Deux règles encadrent sa durée de vie.
- Elle devient caduque si le logement n’est pas loué dans les deux ans qui suivent sa délivrance. Un bien laissé vacant après des travaux repasse donc par la case demande.
- Chaque changement de locataire appelle une nouvelle autorisation. Le renouvellement ou la reconduction du bail avec la même personne, en revanche, n’en demande pas.
Pour un propriétaire qui enchaîne les locations courtes dans un secteur concerné, cela signifie une demande à chaque rotation. C’est précisément l’objectif du dispositif : rendre visible, à chaque changement, l’état réel du logement.
Ce que coûte une location sans autorisation
Les sanctions sont administratives, prononcées par le préfet, et elles ne se négocient pas à l’amiable avec le locataire.
| Situation | Amende encourue |
|---|---|
| Mise en location sans avoir déposé de demande | Jusqu’à 5 000 € |
| Nouveau manquement dans les trois ans | Jusqu’à 15 000 € |
| Location malgré un refus d’autorisation | Jusqu’à 15 000 € |
Avant la sanction, un délai d’un mois est laissé pour régulariser la situation. C’est court, mais réel : un bailleur de bonne foi qui découvre l’obligation après coup a une fenêtre pour déposer sa demande.
Le bail signé sans autorisation n’est pas nul pour autant : le locataire conserve ses droits, et le propriétaire reste tenu de ses obligations. L’amende frappe le bailleur, elle ne libère personne. Pour le locataire, l’absence d’autorisation jointe au bail est en revanche un signal à ne pas ignorer — il est légitime de la réclamer avant de signer, au même titre que les diagnostics.
Ce réflexe rejoint celui à avoir sur l’ensemble d’un dossier locatif marseillais : vérifier ce qui est joint au bail plutôt que ce qui est promis oralement. Si votre recherche s’oriente vers le parc social, la démarche est tout autre et se prépare bien en amont : voir notre guide de la demande de logement social à Marseille.
Côté locataire : ce que l’autorisation change
Le permis de louer a été conçu pour le bailleur, mais c’est le locataire qui en tire le bénéfice le plus direct. Dans les trois quartiers marseillais concernés, un logement proposé à la location a normalement été examiné avant que le bail ne vous soit présenté.
Trois réflexes utiles au moment de la visite et de la signature.
- Demandez l’autorisation, pas seulement les diagnostics. Elle doit être jointe au contrat. Un bailleur qui ne peut pas la produire est soit hors périmètre — ce qui se vérifie en trente secondes —, soit en infraction.
- Lisez les prescriptions s’il y en a. Une autorisation peut être délivrée sous conditions, avec des travaux à réaliser. Savoir lesquels avant d’emménager évite de les découvrir en hiver.
- Ne confondez pas autorisation et certificat de décence. Le permis de louer ne garantit pas que tout est conforme : il atteste qu’un contrôle a eu lieu et que la mise en location n’a pas été refusée. Les recours habituels contre un logement non décent restent ouverts.
Si le logement se révèle indigne malgré tout, le circuit marseillais est balisé : signalement au service communal d’hygiène et de santé, que le guichet de votre mairie de secteur sait orienter, puis, selon la gravité, procédure de mise en sécurité ou d’insalubrité pouvant aboutir à une interdiction d’habiter et à une obligation de relogement à la charge du propriétaire. Le loyer cesse d’être dû à compter du premier jour du mois qui suit la notification de l’arrêté.
C’est le point que les locataires ignorent le plus souvent : face à un arrêté de mise en sécurité ou d’insalubrité, la suspension du loyer n’est pas une faveur à négocier, c’est une conséquence automatique. Elle court jusqu’à la levée de l’arrêté, c’est-à-dire jusqu’à la réalisation effective des travaux.
Reste le cas le plus fréquent, et le moins spectaculaire : un logement médiocre mais pas indigne, dans un quartier tendu, où le locataire hésite à réclamer. Là, l’autorisation jointe au bail sert au moins de point de départ à la discussion — elle dit noir sur blanc ce que l’administration a vu, et quand.
Quels quartiers de Marseille sont soumis au permis de louer ?
Noailles, Belle de Mai et le secteur Hoche-Versailles-Pelletan. Les périmètres sont définis rue par rue : une adresse proche de la limite doit être vérifiée auprès de la métropole Aix-Marseille-Provence.
Quand faut-il demander l’autorisation ?
Avant la signature du bail, impérativement. L’autorisation doit ensuite être jointe au contrat de location et remise au locataire. Une demande déposée après la signature ne régularise pas la situation au regard du dispositif.
Combien de temps dure l’instruction ?
Un mois à compter du dépôt d’un dossier complet. Passé ce délai sans réponse, le silence vaut autorisation préalable de mise en location. Le récépissé de dépôt est la pièce qui permet de le prouver.
Faut-il une nouvelle autorisation à chaque locataire ?
Oui. Chaque nouvelle mise en location en demande une. Le renouvellement ou la reconduction du bail avec le locataire en place, en revanche, n’en exige pas. L’autorisation devient par ailleurs caduque si le logement n’est pas loué dans les deux ans.
Quelles pièces joindre à la demande ?
Le formulaire Cerfa 15652 et le dossier de diagnostic technique du logement : performance énergétique, installations de gaz et d’électricité, plomb, amiante et état des risques selon la nature du bien.
Que risque un propriétaire qui loue sans autorisation ?
Une amende administrative pouvant atteindre 5 000 €, portée à 15 000 € en cas de nouveau manquement dans les trois ans ou de location malgré un refus. Un délai d’un mois est laissé pour régulariser avant la sanction.
Ce qu’il faut retenir
Dans les trois quartiers concernés, intégrez le mois d’instruction à votre calendrier de relocation : c’est la seule vraie contrainte du dispositif, et elle se planifie. Déposez dès le préavis du locataire sortant plutôt qu’après son départ.
Gardez le récépissé et l’autorisation avec le bail, dans le même dossier. Côté locataire, un emménagement dans un nouveau quartier entraîne deux démarches à enclencher tout de suite : la vignette de stationnement résident et, s’il y a des enfants, l’inscription scolaire, toutes deux rattachées à l’adresse. Et si l’adresse est en limite de périmètre, faites trancher par écrit : une réponse de l’administration vaut mieux qu’une déduction sur un plan.
Métropole Aix-Marseille-Provence — Le permis de louer, consulté le 14 septembre 2026.
